Le temps fleuve -  2012 ; à jamais

“Me voici donc immobilisé dans cette sorte d’éternel présent qui est celui du spectateur, immobilisé devant le fleuve mobile. Je ne bouge, ni n’agis, ni non plus ne vois tout ce qui est déjà passé ( et ce serait savoir ) car le fait même que le fleuve continue à passer m’oblige à ne clore aucunement ce passé et me force à anticiper l’avenir. Mais comment, le futur n’étant qu’ignorance, quand il est futur du spectateur et non de l’acteur qui fait ce futur, comment puis-je conclure autre chose que ceci : cela va continuer éternellement.”

Francis Ponge, La Seine